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Fiche 2 - Choix formels et effets sur le lecteur

Publié le 9 décembre 2013 par le Webmaster

En élaborant le scénario, vous vous êtes surtout attaché à la définition et à la cohérence de l’histoire que vous allez raconter. Toutefois, écrire n’est pas seulement une question de contenu, c’est aussi une question de forme. Vous devez donc décider d’un certain nombre de caractéristiques formelles.

Quelques conseils d’écriture

L’ordre du récit

Souhaitez-vous bouleverser la chronologie ou au contraire la respecter ?

  • récit linéaire
  • récit rétrospectif
  • récit qui débute par une péripétie importante ou l’élément perturbateur, etc.

Toutes les analepses (retours en arrière) et prolepses (anticipations) doivent être pensées et organisées.

Votre choix dépend de l’effet que vous voulez obtenir :

  • Commencer par le dénouement ou par une péripétie importante (où le personnage principal se trouve souvent en difficulté) permet tout de suite de retenir l’attention du lecteur et de maintenir la tension dramatique pendant le retour en arrière.
  • Inversement, opter pour un récit linéaire permet de conserver davantage de mystère jusqu’au surgissement de l’événement surnaturel.

L’identité du narrateur et le(s) point(s) de vue adopté(s)

Le narrateur est-il extérieur ou intérieur à l’histoire ?

  • Narrateur extérieur à l’histoire : auquel cas, il vous faudra jouer sur les focalisations, en particulier sur l’alternance entre focalisation externe et focalisation interne aux moments de grande tension.
  • Narrateur intérieur à l’histoire : auquel cas, il vous faut déterminer ce qu’il sait exactement et ce qu’il ignore, quels sont ses jugements sur les événements, ses sentiments, etc.

Le récit à la troisième personne implique une plus grande distance entre ce que vous racontez et vous-même alors que le récit à la première personne nécessite une forme d’identification de votre part.

L’effet recherché est également différent : la troisième personne permet de contrôler davantage les informations délivrées au lecteur tandis que la première personne accentue l’effet réaliste puisque le récit se présente dès lors comme une confession ou un témoignage (le narrateur est-il un témoin direct des événements, un confident du personnage principal, le personnage principal lui-même ?).

Fantastique, surnaturel, réalisme

Quel statut allez-vous accorder à l’histoire relatée ?

Préférez-vous laisser planer le doute sur la réalité des événements rapportés, auquel cas, vous choisissez l’option fantastique  : personnages et lecteurs peuvent à bon droit privilégier autant une explication rationnelle (rêve, hallucination, maladie, complot organisé par des personnes malveillantes, phénomène scientifique mal compris, etc.) qu’une explication irrationnelle (surgissement de figures surnaturelles ou d’événements inexplicables par la seule rationalité, etc.) ?

La confrontation avec des personnages incrédules ou la juxtaposition de points de vue différents sur l’histoire peut permettre de souligner cette hésitation fantastique dans le récit.

Inversement, vous pouvez favoriser l’option surnaturelle en ne remettant pas en cause la réalité de ce qui est raconté ou au contraire l’option réaliste en montrant que le ou les personnages ont été victimes d’une illusion.

Si l’écriture relève en partie de l’inspiration, vous devez toutefois vous poser ces différentes questions avant de commencer à écrire, tous ces choix formels étant liés entre eux.

Quelques conseils de lecture pour initier, accompagner ou prolonger votre travail d’écriture

Vous pouvez également vous aider de certains « classiques » de la littérature fantastique pour voir comment des écrivains, avant vous, ont résolu les problèmes que vous rencontrez, et pour faire votre choix en connaissance de cause.

Ces classiques se trouvent pour la plupart au CDI.

Une petite sélection...

  • Dino Buzzati, Le K, en particulier « Le veston ensorcelé »
  • Dino Buzzati, Nouvelles étranges et inquiétantes
  • Alexandre Dumas, La Dame pâle
  • Edgar Allan Poe, Histoires extraordinaires
  • Mary Shelley, Frankenstein
  • Bram Stoker, Dracula

Textes intéressants sur un plan formel

Ces textes illustrent les implications de la forme adoptée.

  • Théophile Gautier, Récits fantastiques
    en particulier « La morte amoureuse » et « Avatar »
  • Franz Kafka, La Métamorphose
  • Prosper Mérimée, La Vénus d’Ille
  • Guy de Maupassant, Contes de la peur et de l’angoisse
  • Guy de Maupassant, Le Horla dans le recueil du même nom

A noter l’existence de trois versions différentes pour Le Horla, intéressantes à comparer pour opérer les choix formels :

  • Lettre d’un fou , sous forme de lettre adressée à un médecin
  • Le Horla de 1886, un récit comprenant un dialogue où le narrateur s’adresse à des médecins
  • Le Horla de 1887, sous la forme d’un journal intime
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